Nous allons avoir la chance de découvrir le travail d' Aurélie Salvaing, une artiste singulière et sensible qui expose régulièrement à la galerie Marc Devaux notamment.
Elle parle ainsi de son travail : "la construction d'une toile commence toujours par l'encollage de différents fragments selon une configuration hasardeuse assumée. Le Visage s'empare alors de cette matière, y glisse un méplat, une arcade, un nez... A ce bouillonnement primitif s'ajoutent des tentatives de destruction et de reconstruction de ce qui a été bâti, tracé, fragmenté".
Vous pourrez découvrir ses séries ici :
Il m'a été difficile de choisir un tableau parmi ceux qu'elle a eu la grande gentillesse de
m'envoyer: je me suis orientée vers la série Nus qui fera écho à la prochaine proposition
photographique.
m'envoyer: je me suis orientée vers la série Nus qui fera écho à la prochaine proposition
photographique.
Voici donc votre prochaine source d'inspiration :
Regarder au loin
RépondreSupprimerVers un horizon lointain
Se tourner enfin
offerte au regard, comme désemparée d'être là, dans la simplicité et le dépouillement de la nudité. Ombres, formes, méplats, courbes, couleurs, texture des cheveux retenus... et pourtant dans ce nu sculptural, les traces dessinées, collées à la peau ! bouts d'histoires inscrites à vif ou encore, corps inscrit dans la trace collective. Corps social issu de la grande histoire, ou corps réceptacle des histoires intimes qui le façonnent. De sorte que la nudité ne serait alors qu'un costume subtil, une peau d'oignon à éplucher encore et encore jusqu'à plus rien, jusqu'à la disparition totale !Accepter les traces et les laisser être pour ce qu'elles sont : poussière.
RépondreSupprimerLise Andréa
Désir
RépondreSupprimerSurgissant du papier marouflé elle apparaît nue, belle et sculpturale, concentrée
dans le déchiffrage des journaux déchirés et froissés recouverts de colle.
La courbure parfaite de ses reins, le galbe de son sein, la flamboyance de sa
chevelure répandue sur le dos, s'exposent sans pudeur à notre regard.
Ce corps voluptueux sans artifices et sans fards éveille un désir de gestes tendres.
Désir d'autant plus exacerbé en cette période où Corona freine tout élan d'étreintes
et de caresses.
Embrasser, toucher, effleurer : attention danger !
Nous voici confinés, masqués, gantés, limités aux échanges numérisés, réduits en
fantômes d'un monde civilisé,
Et pourtant, l'imaginaire libère la créativité, le désir revient sublimé,
Corona tu n' étoufferas pas la beauté !
Camomille, 13/04/20
Elle tourne le dos
RépondreSupprimerElle cache son regard
Sa vulnérabilité
On ignore tout d'elle
On la devine plurielle
Sous ses fragments.
Volupté
RépondreSupprimerAllongé entre les draps froissés, j’erre entre éveil et sommeil, un sourire béat aux lèvres. Dans la pièce d’à côté, j’entends l’eau de la douche couler sur toi. Je sens dans la paume de mes mains toutes tes courbes, toutes tes douceurs. Quelle nuit ! Nuit d’amour, de sexe, de tendresse.
Au travers de mon demi-sommeil, me parviennent des bruits de flacons, de boites, des froissements de tissus.
La porte s’ouvre.
Et tu es là, entièrement nue devant moi, le soleil jouant avec ta peau encore humide. Tu cherches du regard tes vêtements épars sur le sol.
Je contemple ton corps voluptueux, la tendresse de ta nuque sous la couronne de tes cheveux relevés, la douce courbe de tes seins, l’ombre délicate lovée au creux de tes reins.
Je me redresse brusquement, totalement réveillé. Je te prends le bras, tu bascules en riant sur le lit. Un instant, nos lèvres se joignent fébrilement. Mais tu te redresses, tu me repousses : « Tu n’en as donc pas eu assez ? Je meurs de faim. Allez viens, allons préparer à manger »
Plaisir succinct, plaisir vif,
RépondreSupprimerdésir évanoui à la lumière d'une chandelle,
éclairant ses défauts comme éclairant la douce clarté de sa peau.
Un sentiment de bien être et de réalité.
Mais des doutes, comme une peur inenvisagée.
Inconnu, comme dévisagé,
"âpre et sied" de s'être amusé,
le goût amer d'un soir d'été.
Une cigarette, faut bien rentrer dans les clichés,
un bord de fenêtre, une jardinière.
Mal assis, il fait tout à l'envers.
Chouette soirée mais petite redescente
de celles, où tu te demandes pourquoi t'es là à tel instant.
Mais merde, on s'est éclaté non ? Puis, t'es vraiment chiant, de toute façon,
j'avais d'autres plans.
Des tomates bien mûres,
du type qu'on écrase entre deux doigts.
Des tomates amertume, des mots qui tranchent par deux fois.
Il s'dit qu'il est con et qu'c'est pt'être la bonne,
Mais sans recul il s'dit juste qu'elle est conne.
Encore là, debout, elle se levait nue relevant ses cheveux, elle se "tue".
Le plis forcé par le mouvement de ses omoplates quand elle levait les bras,
un L à l'envers alors il mit les pieds dans L'plat.
L'autre nuit c'était cool hein, j'voulais pas dire ça. Sa tête dos à lui, ne lui manquait pas. Il fixait ses fesses tout en s'disant qu'il n'aurait plus droit à ça.
C'qu'il pouvait être con parfois.
Ce cou qu'il ne saurait plus apprécier, ce cou, qu'il savait, allait lui manquer. La douceur de sa peau, il s'dit tant pis pour ses défauts.
L'introspection de sa jeunesse dorée, accoudé à la fenêtre, était terminée. L'instant, comme le café avait finit de couler.
Elle était déjà loin et lui n'était toujours pas prêt.
Je posais nue telle une écriture révoltée
RépondreSupprimerles mots écartelés
un corps debout
les mots pour le dire
une révolte brandit à coup de joutes verbales
la chair exulte
un exorcisme littéraire
les voyelles appellent les consonnes au secours
la joie interpelle les mauvais joueurs
une ode à la vie
résistez la résilience offre une béquille fleurie
à bras le corps je me suis hissée
le buste cambré j’écoute le temps qui passe
le dos au maux jetez vous à ma face je vous tourne le dos
outrage
la fierté me nourrit les mots en sont témoins
parole d’orgueilleuse
je les aime ils me permettent de me tenir debout droite et insoumise
j’ai tatoué les lettres liberté sur ma peau
n’y touche pas caresse les, effleure les
j’ai relevé le défi je me lèves.
Femme pivot
RépondreSupprimerTu te retournes, tu te détournes
Femme pivot
Que le regard chantourne
Déjà le sein en douce gravité
Femme sédiments
Empreintes des amants, des aimants
Une page pour chaque histoire
Pour un chapître, pour un roman
Jamais à court de l'imprimant
Pâle chair d' une mise en jachère
Flagelle sang d' ailes avortées
Elle se laisse encore effeuiller
Du bout d' un doigt mouillé
Parcourant une à une ses longues pages
Femme images
Souple au dépliage
Troublante, troublée
Combien d'histoires en héritage ?
Arraché le byssus du coquillage
Oser une toujours première caresse
Un baiser fiévreux sur la nuque
La pudeur s' avoue caduque
Femme pivot
Sable de vie d' envies
Qui collent entre les doigts
Ton regard absent du corps
Toi, seule, couve ton trésor...