La proposition 8 d'aujourd'hui sera un peu différente : je vous propose d'écrire sur l'extrait d'une nouvelle de l'écrivaine Françoise Renaud.
Voici son parcours résumé sur son site que je vous engage à visiter ainsi que son magnifique blog "Terrain Fragile" où elle livre ses réflexions sensibles d'autant plus inspirantes aujourd'hui avec le thème "Dans mon for intérieur".
Françoise Renaud est née à Pornic en Pays de Retz — le plus méridional des pays bretons — et a rejoint le Languedoc pour étudier la géologie avant d’enseigner à Montpellier pendant un bon nombre d’années. Inutile de les compter, elles sont à présent derrière elle. En 1997, paraît son premier roman L’Enfant de ma mère (HB éditions) qui va marquer au fer rouge le début de son parcours d’écriture. Depuis, bien d’autres ouvrages ont été publiés, en particulier des romans : son travail de fond, de fouille.
Ce qu’elle veut décrire : la nature, les pulsations du monde, les sentiments des hommes. En filigrane, on ressent la présence silencieuse des personnages fondateurs — parents et aïeux —, la matière du pays et le souci de l’origine. Critiques et lecteurs parlent d’un long chemin parcouru au bénéfice d’une écriture aboutie, simple et profonde, percutante. Et c’est vrai que ce chemin est long… Elle tâche de se consacrer à la littérature — quoi faire d’autre ?
L'extrait ci-dessous n'est ni un incipit (premières lignes) ni un excipit, elle se trouve dans la nouvelle "Le Musicien Noir" dont je vous donnerai l'intégralité par la suite. Si je l'ai choisie, c'est parce qu'elle fait écho à cette thématique filée depuis la nouvelle session de propositions à savoir le jazz. Voici donc le texte :
"Quand le musicien avait un concert, il l'emmenait avec lui.
Ca se passait généralement dans des clubs de jazz fréquentés par sa communauté et il essayait toujours de la présenter à ses amis et ses connaissances afin que les choses se passent du mieux possible. Malgré ces précautions, les regards demeuraient tendus, hostiles et les lèvres remuaient à son propos. Elle voyait bien ce qu'ils pensaient. Parfois elle les bravait du regard, mais le plus souvent elle s'installait dans un coin à l'écart, attentive aux chorus des cuivres et aux folies des saxophones qui dessinaient des labyrinthes pareils au fouillis des forêts vierges et la pénétraient, mettant le feu à sa douleur comme à un tas de mauvaises herbes." (p.18)
A vous d'en faire soit un démarrage d'histoire, soit de la déconstruire en vous servant du thème pour écrire votre propre fragment comme d'habitude littéraire, poétique ou philosophique.
Je vous souhaite une très belle inspiration les amis
Belle inspiration à vous tous qui écrivez ici sous le regard bienveillant de Sonia...
RépondreSupprimeret à vous lire bientôt...
Prenez bien soin de vous.
Merci Françoise de partager ta si belle écriture avec nous, nul doute qu'elle en inspirera plus d'un.e. Et je sais ton regard à toi très bienveillant également. Belles récoltes dans ton jardin extraordinaire avec toute mon amitié...
SupprimerLe musicien noir
RépondreSupprimerElle s'efforçait de faire abstraction de l'hostilité qu'elle percevait à son égard
en se concentrant sur les grilles harmoniques, le jeu des instruments qui se
répondaient dans l'improvisation du jam. Elle tentait de goûter pleinement au
plaisir de l'écoute de la musique qu'il lui avait fait découvrir et aimer et qui dans
d'autres circonstances, la transportait aux confins de la plénitude absolue de ses
sens. Mais dans l'instant, elle ne pouvait se soustraire au malaise de se sentir exclue
du droit à ce plaisir. Ce soir dans ce bar de jazz où il l'avait emmenée, elle était
l'étrangère refoulée par les membres de la communauté. Le regard réprobateur du
groupe lui signifiant qu'elle n'était pas des leurs l'humiliait au plus profond d'elle-
même. A cet instant précis elle ressentait de plein fouet l'injustice fondée sur
l'apparence. Bouleversée, pour ne pas perdre contenance, elle observait tour à tour
chaque musicien.
C'est en regardant attentivement le contrebassiste que de façon inattendue lui
revenaient en mémoire des fragments de "La Contrebasse" texte jubilatoire de
Patrick Süskind. Le protagoniste de ce monologue, musicien d'un orchestre de
musique classique, amer de sa position d'arrière plan dans l'orchestre, dénigrait avec
beaucoup d'ironie et d'esprit, au fil du texte en mode crescendo, son instrument.
Elle se rappelait les allusions peu flatteuses quant à la forme, la taille et le son de sa
contrebasse en comparaison d'un autre instrument à cordes comme le violon, ou
des cuivres étincelants d'où jaillissaient des notes claires et cinglantes dominant les
basses en sourdine. Le sobriquet de Quasimodo l'avait beaucoup amusée. A la fois
reléguée derrière les instruments prestigieux d'un orchestre classique, la contrebasse
était pourtant indispensable à l'équilibre de l'ensemble.
Ce qui la reliait en ce moment au contrebassiste de Süskind, c'était son
extrême solitude métaphysique au sein de l'assemblée. Sa présence toute légitime
d'accompagnatrice du musicien noir se révélait incongrue et dissonante dans le
groupe d'admirateurs visiblement conquis par sa prestation. Elle, elle ne souhaitait
que se dissoudre dans les vibratos de son saxo…
Dans le silence de la voiture qui les ramenait au bercail, désireuse avant tout
d'échapper à l'ambiance pesante, à sa question :
-"C'était bien, ce soir ?"
Elle répondit sur un ton faussement enjoué:
- "Ouais, super !"
Ils savaient l'un et l'autre le prix à payer pour vivre ensemble leurs
différences.
Camomille, le 9/04/20
Très joli texte tout en nuances et références croisées musique exclusion. Dissonance et différence... Mais harmonie et contrepoint aussi entre les deux personnages comme dans la Contrebasse malgré tout et envers et contre tous.
SupprimerUn grand merci, Camomille, pour ce texte qui vient tout à fait résonner avec l'extrait proposé. On accompagne volontiers le personnage féminin aux prises avec ce sentiment d'exclusion qui prend le pas sur le reste et sur le plaisir d'assister au concert (pas forcément de l'humiliation... à fouiller peut-être ?). On perçoit aussi la force de la musique. Mais le souvenir d'une lecture prend rapidement le pas sur l'introspection et nous éloigne du sujet initial. Mais que souhaitait-elle vraiment en cet instant ?
SupprimerDans son coin elle souriait en se laissant pénétrer par les harmonies des jazz men dans ce club en souplexe imprégné de musique et d’alcool.
RépondreSupprimerElle qui passait ses journées au sein d’un open space ou la promiscuité rendait tout le monde transparent, ou les individualités se fondaient pour fabriquer une masse uniforme broyée par des process, des modes opératoires. Ou la moindre de ses actions venait alimenter des statistiques de productivité, elle se sentait libre.
Libre de regarder, d’écouter, d’interpréter.
Son imagination lui permettait de rêver, d’inventer des vies à tous ces personnages qui la regardaient.
Son musicien jouait sur la scène, il jouait pour elle, alors ou était l’essentiel ?
Tous l’enviaient, lui, toutes la jalousaient, elle le savait, en était convaincu, et c’est ce qui lui donnait la force d’exister, de supporter son quotidien routinier et lisse
Le regard des autres était hostile, mais il existait, lui révélait sa différence et cette différence la rendait vivante. Les commentaires qu’elle suscitait faisaient d’elles une personne digne d’intérêt.
Beaucoup de monde serait sorti, certains, même, auraient sombré dans une profonde tristesse devant tant d’animosité. Mais tout cela ne pesait pas très lourd face à ce qu’elle ressentait quand ils se retrouvaient tous les deux après ses concerts.
Tous les regards se tournèrent de nouveau vers elle lorsqu’elle se leva pour s’approcher de la scène alors qu’il entamait le morceau qu’il avait composé pour elle.
Etre ou ne pas être à sa place, qui peut en décider ?
Régis
Eh oui, c'est là toute la question posée par ce texte de Françoise... L'importance de la relation instinctive entre eux, la sensualité sous-jacente du cadre que tu as posé. Et la liberté d'assumer ses choix, tout est dit !
SupprimerOui Régis... peut-être bien qu'elle se moque des regards sur elle, peut-être bien qu'elle parvient à prendre suffisamment de distance avec ces marques de rejet parce qu'elle sait qu'il "joue pour elle".
SupprimerVoilà ce que je retiens de votre texte... CE SOIR-LA IL JOUE POUR ELLE !
cette force entre eux, ce lien qui existe en dehors de toute validation et leur permet de tout supporter, d'affronter la différence raciale (l'un des sujets majeurs de la nouvelle, on l'aura compris)
Attention côté forme, il faudrait encore un peu de travail pour lisser les imperfections, faire avancer le texte et gagner en force... c'est le lot de l'écrire, on n'en a jamais terminé. Jamais...
C 'était début Novembre Jony était arrivé dans ce village..silence dans les rues cependant au loin il vit un attroupement ; les gens regardaient intensément le faîte de l'arbre majestueux de la place . il s'approcha , son saxophone commençait à peser lourd à son épaule après tous ces kilomètres parcourus; un homme harangua : regardez elle est folle on l'avait bien dit qu'elle était pas comme nous la fille noire de la carioca et puis bossue avec ça : c'est sûr elle porte malheur; il leva les yeux la vit belle, sauvage sa chevelure de feu dansait au vent mais surtout elle chantait d'une voix grave, troublante "autumn leaves" alors il sortit son saxophone et joua la mélodie, tout en continuant sa mélopée petit à petit elle descendit , ignorant les badauds elle lui prit la main et depuis ce temps elle était toujours à ses cotés
RépondreSupprimerChristine A
Encore un texte musical, et j'ai la chance de pouvoir t'imaginer moi qui te connais le dire d'une manière flûtée et vivante. Car c'est un texte qui danse aussi, tu joues avec la ponctuation comme cette fille joue avec le feu et les conventions. J'aime bien "carioca", ça rajoute une touche de plus à cette histoire d'amour décidément peu banale.
SupprimerJolie improvisation en toute liberté autour du thème "La femme et son musicien".
SupprimerOn est saisi grâce à la brièveté du texte (parfois il n'en faut pas davantage...) par la vision du personnage féminin chantant perché dans l'arbre. Figure forte et sauvage, voix et saxophone. Une relation s'établit.
Côté forme : rapidité et enchaînement des regards appuyés par une ponctuation vive. Et pourquoi pas aller encore plus loin en l'éliminant ou presque, cette ponctuation... mais il faudrait alors affiner davantage l'écriture afin que les groupes de mots se définissent d'eux-mêmes. Peut-être aussi travailler la phrase de chute...
En tout cas, je suis partante pour écouter ce chant qui danse dans les arbres ! merci Christine !
Le saxophone étincelant vibrait entre les mains noires d’un cœur ensanglanté qui lançait dans l’espace des paillettes d’étoiles.
RépondreSupprimerComme lui, elle trainait sa carcasse sur le pavé des sots, entre les rives de la peur inventée par les hommes de l’ombre.
Pâques frappait au carreau ; la vie et la mort s’enlaçaient sans jamais se confondre.
L’espérance recouvrait sa peau depuis sa naissance, mais elle l’ignorait.
La confiance nue était sa voile ; elle l’avait oubliée avec les rires de son enfance.
Quand la note frappa son front comme un coup de tonnerre, au point sonore de son troisième œil, sa chair trembla comme un tambour, son cœur frissonna comme une harpe , son âme vibra comme les cordes d’un violon.
Elle ne put résister à cet envoûtement.
Elle se leva, traversa la foule comme un Jésus écarte la mer déchainée, monta sur la scène sans que nul ne l’entrave et colla son oreille, son corps, son intimité, contre le saxophone qui pleurait.
Dans le miroir de l’instrument lumineux, elle se vit, elle aussi, noire, en sa blancheur immaculée. Plus noire que lui.
La grâce fondit sur elle comme un vautour et lui arracha des entrailles toutes ses peurs.
L’amour, tout l’amour du monde, contenu sous sa peau, habilla l’homme aux mains noires qui montra ses dents blanches, tel un piano ressuscité par l’Accordéoniste.
Xian
Cher Xian, on aime tout de suite la folie qui parcourt ces lignes habitées par elle et lui, par le noir et le blanc, même si on a un peu de mal dans un premier temps à ajuster toutes les images.
SupprimerUne fois la mire ajustée, on goûte à la fulgurance, à l'espérance, à la folie qui les jette l'un vers l'autre...
(Pour atteindre tout à fait votre but, il serait sans doute nécessaire de resserrer les boulons de l'ensemble, d'affiner les images -- par exemple "traversa la foule comme un Jésus écarte la mer déchaînée" : une métaphore 'religieuse' qui ne nourrit pas le texte dans le bon sens et distrait du sujet --
à un moment donné, il faut se pencher sur les détails, tous les détails, pour dans ce cas précis nous procurer un plus parfait envoûtement)
Merci en tout cas. Courage et ténacité pour peaufiner les mots plus loin, jusqu'à rager, jusqu'à saigner...
Coup de foudre déclaré.
RépondreSupprimerElsa frémissait d' impatience pour rejoindre Sam, le soir, ce contrebassiste irrésistible d' un quatuor de jazz amateur.
ELLE ACCOURRAIT AU CONCERT.
Qui n' avait pas compris de suite leur fusion à ces deux là, beaux comme les illuminés de l' amour ? Ils s' entreboitaient, se frôlant du regard, lui sur le podium, elle dans son coin douillet, discrète et si présente.
Il jouait de mieux en mieux..
Elsa, sa muse, son électrochoc..
On se mit à l'apprécier elle aussi comme une valeur ajoutée, à lui ouvrir le cercle..
Il y eut des jalousies..
Les mois passèrent au rythme des cœurs enflammés. Elsa, très active dans le milieu artistique remua terre et ciel pour rencontrer des professionnels influents, les incontournables de l'autoroute du succès. Contrats sur contrats, applaudissements crescendo.
Jamais, jamais, je n' oublierai, lui murmurait il au creux de l'oreille, si sensible..
ELSA ACCOMPAGNAIT SAM AUX CONCERTS.
Il y avait des jalousies
Elle prit plus de place dans l'ombre,tisseuse de paillettes. Projecteurs sur son protégé.
On commençait à dire des choses à son sujet, sans savoir
Main mise
Directive
Possessive
Il y avait des jalousies
On la regardait différemment. Elle ne bronchait pas, fière et blessée.
ELLE REJOIGNAIT SAM AUX CONCERTS, quand elle trouvait encore assez de forces en elles pour jouer la compagne indispensable.
Il y avait des jalousies
Les langues fourchaient à grands piques.Elle l'abandonnait quand elle ne venait pas et on se demandait ce qu' elle faisait là quand elle venait. Lui, par contre, quel talent ! Il méritait d' être connu, vraiment. Que faisait il encore avec cette nana, qui n' y connaissait rien en jazz, tout compte fait ?
Il y avait des jalousies
ELSA SE SENTAIT OBLIGÉE DE RETROUVER SAM AUX CONCERTS
Elle encaissait les mots durs à son encontre dans l'haleine fétide des discutions.
Elle se sentait d' autant plus seule que délibérément mise à l'écart pendant les prestations, au nom de la rumeur, de la vilaine rumeur.
Sam était adulé comme un vaut de l'or. Il ne vivait plus que pour la musique, grignoté par les multiples obligations qui pressent les artistes portés aux nues. Il devint oublieux de celle qui lui offrit les Champs Elysées du talent vers la gloire.
ELSA VENAIT, DE MOINS EN MOINS, À RECULONS AUX CONCERTS. Elle restait digne, point d' origine d' une histoire qui la perdait entre les lignes.
Elle qui, autrefois, ne tenait plus en place dès que Sam laissait courir ses doigts sur le manche de la contrebasse, elle ne remuait plus que les pieds, d' impatience..
Il y avait des jalousies
Elle sentait tellement qu' on ne l'aimait plus, que l'on voulait quelqu'un d' autre à sa place
Une qui fasse rêver à nouveau.,
plus jeune
plus stylée
plus belle
plus, plus, plus..
Elle, elle n' en pouvait plus..
Elle retira ses lèvres de la coupe interdite
ELSA NE REVINT PLUS AUX CONCERTS...
On a beaucoup de plaisir à découvrir cette déclinaison temporelle de la relation, cette évolution fatale, ce délitement banal et pourtant touchant... On y entre simplement, facilement.
SupprimerTrès bien l'idée de procurer du rythme avec cette phrase en majuscules qui revient, se transforme au fil du récit. Ce verbe ACCOURIR au commencement, comme une force qui la pousse à l'admirer au plus près de la scène pour finir avec cette expression A RECULONS, terrible de sens...
Beaucoup de tristesse finalement dans tout ça...
(ne pas oublier l'exigence du premier au dernier mot si on veux franchir un cap)
En tout cas, merci pour ces lignes en écho à 'mon' Musicien de Chicago !
Merci pour ton retour Françoise... Tu fais du bien en posant ton regard, bienveillant (comme Sonia) sur nos textes sortis de nos tiroirs souvent inconnus !!!
RépondreSupprimerTelle une note blanche insoumise Célia accusait l’isolement et se taisait orpheline, évoquant le spectre glacial de la ségrégation. La colère rugissait à l’écart remplissant ses yeux de larmes retenue, les pires.
RépondreSupprimerLa violence blanche intériorisée dépassait tout ce qu’ elle aurait pu imaginer. Elle la vivait en cet instant maudit, un héritage blanc qui lui collait à la peau.
Tant de haine silencieuse mais certaine, un malaise profond, accepter et prendre le meilleur du présent, indicible distant mais palpable. Au creux de la musique veille l’espoir toujours, les cœurs des chorales en ont toujours témoignés.
La communauté est pesante, sa rancune reste tenace, le préjudice est immense. les minorités ethniques gênantes des hommes noirs à genoux, des vies suspendues.
Ainsi soit il, la colère reste collée à la terre mère désespérée.
Célia se leva comme portée par une force inconnue et se dirigea vers la scène. Une présence certaine et souveraine, au passage un clin d’ œil au piano ignorant toute cette haine et un sourire complice au saxophone ennuyé et peureux. Il fallait surgir maintenant et tromper tous ces siècles de misère, effacer la haine, faire place à la musique enfin, laisser le rythme battre et faire taire les notes hostiles et inutiles. Quand le jazz fredonnes les airs les plus subtils les cabarets se soulèvent et prennent de la hauteur, le bitume des trottoirs fait place nette, aucune amertume ne pénètre les lieux à part celle du meilleur whisky mêlé aux fumées de cigares les plus coriaces.
Elle se mit à chanter et de la blanche sortit une voix de noire, un chant pourpre empreint d’un exotisme noir, une combinaison magnifique parfumait l’espace tuant les odeurs aigres du racisme ambiant.
Fermez les yeux et laisser vous transporter.