Je vous espère en forme et toujours combatifs face à ce virus qui est visiblement parti pour s'éterniser..
Nous poursuivons notre échappée belle avec une toile d'un artiste singulier puisqu'il est aussi photographe ; il s'agit de Régis Morin qui fait aussi partie du collectif Regards Pluriels. C'est également un voyageur au long cours.
Voici donc la toile sur laquelle je vous propose de laisser parler vos ressentis : Jazz in NYC 5.
Et vous verrez que cette proposition fera écho à la deuxième proposition musicale !

Jazz in NYC
RépondreSupprimerJazz in what?
Nueva York senior
Du blues, du blues, du blues
j'vois flou
Reçu un squaz
Dans mon pif
Paf
Gouttes de sang
En do majeur
J'vais m'relever
En fa mineur
La note bleue
Me porte bonheur
N Y C : ene aïe si
Si senior
Le New York des laissés pour compte ? L'espagnol intrigue et nous rappelle le melting pot. Le New York du rêve et des déceptions... Du bleu et du rouge, de l'espoir et de la violence.
SupprimerChâteaux modernes d'un temps avancé,
RépondreSupprimerOmbres géométriques, un rectangle dans un carré
Tympans sonnés, jazz endormi
Une marche rapide, une odeur, un bruit.
Belle obscurité, un sentiment de profondeur,
Une légère amertume, un élan de sueur.
Ils grattent le ciel sans relâche,
Des démangeaisons utiles pourtant,
Cachant des esprits et une forme de beauté,
Nuit bleuté enrobe la ville.
C'est l'heure de porter les âmes viles
Qui rôdent et mendient l'humanité.
Mégalo enchaîné dans ses idées,
Dans une ville trop médiatisée,
Enquête d'une quelconque humilité.
Du sang sur les murs,
Qu'on respire dans un murmure,
Qu'il nous chuchote à l'oreille.
Crier pour expirer, pleurer pour expier
Attention ! Faut pas glisser, on annonce une plaque "dégoût" et la fatalité
Ce serait dommage de trébucher.
Le spectacle vient à peine de commencer,
Nuit de purge sous un ciel étoilé,
Le grand ours viendra peut-être te visiter.
Quel.le bel.le inconnu.e a écrit ce texte ? Clémentine ? Dommage de ne pas le signer..
SupprimerJe pensais avoir un pseudo, apparemment non, c'est Laura :)
SupprimerEncore un texte sur les contradictions de "la grosse pomme", mais c'est vrai que le tableau de Régis nous y incitait. Un plaisir évident à jouer sur les mots, un texte presque vocal. On a des étoiles dans les yeux, mais le caniveau n'est pas loin.
SupprimerJazz in NYC
RépondreSupprimerDans l’ombre bleue d’un caveau
vibrent des sons aquatiques
à travers la fumée ramassée sous les voûtes
Batteur et contrebassiste
ont planté un décor infini,
ponctuant l’espace de surprises et d’attentes
Ils nous emmènent dans leur univers
de rythmes décalés
qui forment un soubassement
Sur ces fondations mouvantes
le saxophoniste a déboulé
avec toute sa verve intense !
Sa mélodie en modulations
escalade les contreforts d’une falaise
et dégringole les gammes par intervalles
Le flou des rythmes fous
s’enflamme tel un liquide vermeil
et comme lave se fige
Et nous, dans la brume saturée de résonnances
trouvons notre souffle
en épousant les harmonies complices…
La ville est-elle à l'image du jazz ? Ou le jazz est-il à l'image de la ville ? Musique et architecture mêlées,on est entraîné par cette partition visuelle.
SupprimerUn voile sur la toile vibrante
RépondreSupprimerune brume sur la ville stagnante
le cœur bleu au centre le poumon vibre
tours jumelles immortelles
un brasier
outremémoire
une signature saignante
le saxophone n’a pas finit d’expier
le souffle long fatigué
réparer les vivants
le king a déposé la musique
le kong a retentit
la mystique s’est éteinte
le verre sur le piano inquiet
un parfum de vin enivrant
le fruit mûr âpre au palais rond et épicée
une déferlante agonisante la note amère a tiré la révérence
couinant sous un tempo effréné
Âmes en peine la brume épaisse confinée
derrière la toile des regards déchirent le silence
le bruit des cabarets nocturnes
le bob sur le crâne artistes de foi à la bohème éternelle
les musiciens esseulés pleurent dans leurs instruments
do ré mi fa sol dansent agglutinées le nez contre la toile
et toi que voit tu de ta fenêtre
décollée la rétine
KheirAlima
Violence, souffrance... Le rouge l'emporte sur le bleu dans ton texte, on a des petits instantanés visuels et sonores de ce Nex York des laissés pour compte et du 9/11. Cela me fait penser à un magnifique roman de Column Mac Cann et dont le titre correspondrait bien à ton texte : "et que le vaste monde poursuive sa course folle". C'est un funambule entre les deux Tours Jumelles vu au même moment par des personnages différents avec des ressentis différents. C'est la richesse de toute cette ambiance à la poétique sombre. Magnifique le termes"expier" et la dissociation de King et Kong, merci...
SupprimerSonia la toile est si belle que les mots ont sonné comme une évidence... Un réel plaisir
SupprimerMerci à toi
J'ai rêvé New York…
RépondreSupprimerIl avait vécu toute sa jeunesse dans le rejet des USA. Cette détestation bien alimentée par son milieu familial engagé dans la lutte contre les interventions militaires sur tous les continents de la planète, il l'avait partagée et même bien soutenue en refusant obstinément de consommer la célèbre boisson gazeuse, symbole de l'impérialisme américain.
Il avait été bercé par les chants Gospel, trompettes et saxo des jazzmen de la nouvelle Orléans et bien sûr été enthousiasmé par Hello Dolly d'Amstrong écouté en boucle par sa mère.
Il avait dansé sur les rythmes endiablés des duos d'Ella Fitzgerald et Duke Ellington, avait furieusement dragué au son de l'envoûtant "Summertime" de Gerchwin au cours des soirées copieusement arrosées.
Il avait succombé au charme de la voix de Franck Sinatra et souvent fredonné "I want to wake up in a city that never sleeps".
Il avait été ému jusqu'aux larmes en écoutant Nina Simone aux accents chavirants, chanter Strange Fruit
Il avait lu l'Attrape-Cœurs de Salinger, la Trilogie New Yorkaise de Paul Auster, Harlem Quartet de James Baldwin et bien d'autres auteurs américains décrivant les milieux interlopes de la grande ville.
Il avait bien évidemment visionné un nombre incalculable de fois le fameux film de Sergio Leone "il était une fois l'Amérique" et vu tous les films de Woody Allen.
Il avait traversé plusieurs fois l'Atlantique pour des séjours aux Antilles et l'Amérique du Sud mais jamais il n'avait été tenté par les USA.
Un jour pourtant, ses activités professionnelles l'amenèrent à prendre un vol pour New York. C'est sans grand enthousiasme et beaucoup de préjugés qu'il décolla de Roissy pour rencontrer la "Grosse Pomme".
Dès sa montée dans le taxi qui le conduisait à l'hôtel, il fut pris de vertiges à la vue de l'immensité qui l'entourait. Ce qu'il découvrait était sans commune mesure avec ce qu'il pensait connaître. Sans relâche jour après jour, avec application et émerveillement il découvrait Times Square, Greenwich, le pont de Brooklyn, la 5ème avenue, Central Park… Il admira une journée complète une partie des œuvres du monde entier au Metropolitan Museum en déplorant le manque de temps pour en jouir davantage. Il s'étonna de la faciliter d'entrer en contact avec des inconnus qui l'invitèrent dans les bars de jazz. Sidéré par la foule cosmopolite qui se déversait dans tous les quartiers de l'immense ville, il prit la mesure de la distance entre sa vie de provincial français et le bouillonnement urbain qui le fascinait. La veille de son retour, il passa la soirée et une partie de la nuit dans une boite de Broadway à vibrer au son de différents ensembles de jazz. Les improvisations alternées des trombone, saxo, guitare, les rythmiques des batteries et pianos l'accompagnaient dans la contemplation du paysage nocturne embué de cette dernière nuit qu'il voulait graver dans sa mémoire. Fourbu il s'endormit en se promettant de revenir dès que possible dans cette ville dont il s'était éloigné si longtemps.
"Un jour j'aurai New York au bout des doigts
On y jouera, tu verras
Dans les clubs où il fait noir, mais il ne fait pas froid
Ne fait pas froid si t'y crois
Et j'y crois
Les flaques de peinture sur les murs ont parfois
La couleur des sons que tu bois
Et puis c'est tellement grand que vite on oubliera
Que nulle part c'est chez moi, chez toi
Chez nous quoi ! " JL Aubert
Camomille, 29/03/20
C'est là toute la magie indéfinissable de New York et ce charme qui opère malgré les à priori sur le pays... Car on dit souvent que New York (comme San Francisco d'ailleurs) sont des pays en soi. Un simple changement de perspective (et de temps d'ailleurs, l'imparfait qui devient du passé simple), et le narrateur s'ouvre à d'autres possibles. J'aime beaucoup cette idée de la métamorphose, du fait qu'il retourne à la vie et une certaine forme de légèreté avec la chanson de Téléphone à la fin.Superbe construction, un crescendo vers l'espoir.
Supprimer
RépondreSupprimerDans la nuit new-yorkaise que Miles ,dans une mélodie improvisée, a souligné en rouge vos mots me touchent.
Merci, car je ne pensais pas pouvoir inspirer d'aussi beaux textes.
Régis
Merci à toi, je reconnais bien là ta grande modestie. Tu nous as enchantés et si nos textes t'enchantent, c'est vraiment un juste retour des choses. C'est une belle symphonie, ou un air de jazz tout simplement ;+)
SupprimerDeux noires pour une blanche
RépondreSupprimerTrois, quatre, dix, cent, tant, trop
Des noirs pour des blanblanches
Désaccord violent,
Explosion muette et soumise des partitions
Apartheid
Croche, croche, croche pieds, croch'esclaves
Cultures piétinées
Souillées de larmes, de sang
Rouge le sang de toutes veines
Gémissement bâillonnés
Révolte muselée
Le cri de la vie est remonté du ventre
De leurs ventres affamés
Un cri de soi viscéral
Bleus à l'âme squelettique
Dignité d' humains ligotés
Bafouée
Écrasée
Cardiogramme en lieu énigmatique
Sur la poitrine marbrée du blues..
Image palindrome
D' un univers qui pourrait se renverser
Rues désertes dans un brouillard émeraude
Effilochements
Comme si l'on pouvait flouter
Ce passé dérangeant
Ce passé présent
News hors lignes
New Orleans Jazz...