Nous accueillons pour clore la série sur l'érotisme un poète montpelliérain de renom qui a accepté de partager un très beau texte avec nous. Patrick Charles Müller est bien connu des aficionados de la Maison de la Poésie Jean Joubert et de la Librairie Scrupules. Il tisse une thématique très personnelle autour de la femme et du désir; voici la présentation qu'il fait de lui même :
"Ecrivain, poète, artiste peintre, passionné de littérature et de photographie, de jazz, nombreuses interventions et hommages à Chet Baker, Claude Nougaro qu'il rencontre en 1979, son univers, sa source, la femme qui est au coeur de son inspiration, comme une substance universelle, une joie vitale, un mode et un art d'être dans une sensualité qui fait grandir."
Ceci est paru dans un magnifique ouvrage qui conjugue poésie et photographie et intitulé A Tire d'ailes, où les textes de Patrick Charles répondent merveilleusement aux sublimes photos de Francis Porras, autre esthète du noir et blanc et dont la qualité des tirages à l'atelier M Numérique (St Jean de Vedas) ne sont plus à démontrer.
Voici le fragment sur lequel je vous propose d'écrire, Patrick Charles nous fera l'amitié de lire en direct ou en différé la totalité du poème.
Le chant secret
Que j'aime à m'ensabler dans la chaude mouvance,
De ton dos d'intuition ondulant sous ma danse...
A vous de poursuivre soit sous une forme poétique, soit en l'incluant dans un texte. Vous pouvez également simplement partir du titre et émailler votre écrit de quelques mots des premières strophes.
Onirisez bien et surtout laissez vous entraîner dans l'univers de Patrick Charles que je vous propose de découvrir encore mieux grâce à ce feuilleton sonore :

..."La femme qui est dans mon lit n'a plus vingt ans depuis longtemps"... mais lorsque pour moi seul elle dévoile son corps, où les années ont tracé des lignes moins pures, moins musculeuses, alors oui, que j'aime m'ensabler dans la chaude mouvance, de son dos d'intuition ondulant sous ma danse.
RépondreSupprimerAmours interdites
RépondreSupprimerDans la clarté de la pièce qui lui servait désormais de pièce à vivre, elle suit
tous les gestes d'Aïcha chargée de lui prodiguer les soins quotidiens. Comme
chaque jour, elle admire ce corps souple et vigoureux qui se déploie autour d'elle
avec grâce et efficacité. La gentillesse de la jeune femme et son ton enjoué
contribuent à gommer entre elles l'image de son propre corps flétri par les années.
Les soins terminés, elle lui caresse tendrement le visage en disant :
"Vous voici à présent fraîche comme une jeune fille Yvonne !"
Pourquoi ce rituel aujourd'hui l'immerge t-il telle une lame de fond dans le souvenir
de cette année précise de sa toute jeunesse ? Aïcha remarque bien l'étincelle
soudaine, lumineuse dans l'œil gris bleu, le sourire qui lisse les rides, les mains qui
s'agitent nerveusement mais elle ne dit rien et sourit pour encourager l'exploration
de souvenirs heureux.
Intuitivement, le geste de la jeune femme fait renaître chez Yvonne l'émotion
qui l'avait traversée au plus profond d'elle-même lorsque la paume de la main du
jeune homme avait effleuré avec une infinie douceur son visage et avait posé ses
lèvres sur son front. Elle se souvient de cet instant unique suspendu dans un temps
arrêté. Cette furtive caresse avait ouvert la voie à d'autres baisers qui l'avaient
transportée dans les contrées de merveilleuses jouissances. Eperdus d'amour, le
désir embrasant leurs jeunes corps, avec une frénésie gourmande, ils avaient exploré
chaque territoire de leurs intimités. Elle se souvient de l'accord de leurs souffles
quand le sac et le ressac des vagues de leurs corps comme une onde les emportaient
au point d'acmé de leur fusion. Aujourd'hui encore elle revit avec une étonnante
précision comment elle se lovait contre son torse blond, s'enivrait de son odeur,
s'en imprégnait pour la garder après l'étreinte, tandis qu'il enroulait ses longs doigts
agiles dans les boucles de ses cheveux bruns.
La vieille dame sagement assise dans son fauteuil sourit aux anges de sa
jeunesse et récite à Aïcha sidérée de cette soudaine vivacité, les vers du poète :
"Que j'aime à m'ensabler dans la douce mouvance,
De ton dos d'intuition ondulant sous ma dance…"
Et doucement en confidence, Yvonne révèle à Aïcha ce secret si longtemps enfoui.
Dans un monde en pleine turbulence et de haine, ils étaient jeunes assoiffés
d'espérance et d'amour faisant fi des convenances.
Ils m'ont dit que j'avais trahi la patrie. Quand j'ai vu mes boucles brunes au sol saccagées par
leurs ciseaux vengeurs, j'ai pleuré. Ils ont cru à la honte, c'était de colère envers ces justiciers
barbares. Pauvres imbéciles !
Les yeux humides d'Aïcha l'incite à poursuivre:
Après cet amour impossible, j'ai connu un autre homme. On s'est mariés et on ne s'est plus quittés
jusqu'à sa mort. C'était un homme bon !
Pointant son index déformé comme pour battre la mesure, malicieuse elle susurre:
Il me disait des mots bleus, des mots qu'on dit avec les yeux..
Camomille 26/04/20
Émouvant
SupprimerComme j'avais dit, la préparation du festival du Grand Aslon m'a pris le temps que je consacre à l'écriture. J'ai donc retrouvé ce poème ancien qui me semble faire écho à l'écriture de Patrick.
RépondreSupprimerLagon
Ta peau tiède et douce,
Sable blanc de la plage
Caressé amoureusement par la vague
Allant et venant au gré de mon désir.
Tes seins drus,
Pointes fièrement dressées
Comme des soleils couchants
Prometteurs d’un ciel étoilé.
Ton sexe, coquillage nacré parfumé
Largement offert à ma gourmandise …
Je me promène langoureusement
Sur la plage entière de ton corps,
Dans ta douceur qui m’enveloppe,
Eau tiède du lagon bleu.
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RépondreSupprimerAventure d' un soir
RépondreSupprimerIls avaient donc trouvé ce fameux rafiot
Connu des amants sporadiques et sans le sou
À l'affût d' un abri pour se toucher partout
Qui, à peine arrivés, s'arrachaient les maillots
Leurs deux langues gourmandes à lécher le rabiot
Affolaient attributs dans les mains des loulous
Lui si impatient d'ébouriffer le p'tit trou
Bel asticot toujours chaussé des godillots
Que j'aime m'ensabler dans la chaude mouvance
De ton dos d'intuition ondulant sous ma danse
Répétait il par cœur en lui baisant les fesses
Elle fondit à cette soudaine poésie
D' un prince à bagatelle enclin à la joliesse
Fantasme des oreilles majore la folie...