La première proposition d'écriture est plastique : il s'agit d'une peinture de l'artiste Claire Bonnet Masimbert intitulée "où irons-nous ?"
Les oeuvres de Claire sont à retrouver sur :
http://clairebmasimbert.com/
Et elle expose très régulièrement à Montpellier, notamment à la Galerie Marc Devaux ou au Mas du Ministre pour l'Artothèque.
A vos pinceaux, euh pardon à vos stylos !
Définition de confinement : réclusion, enfermement, isolement. Et si c'était précisément le moment de mettre en commun, de s'ouvrir à d'autres modes d'expression ? Cet espace est à vous, à nous : toute une communauté d'artistes a accepté de mettre des oeuvres à disposition pour que notre écriture et notre sensibilité s'exercent. Non confinées...
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Proposition n°16 : dimanche 17 mai
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Garder le moral, rester optimistes ? Bien sur !
RépondreSupprimerMais au fond, pourquoi devrions nous perdre le moral et l’optimisme ?
Pour l’instant l’immense majorité d’entre nous et de nos proches ne souffre de rien.
Certes, nous pouvons ressentir une immense compassion pour ceux qui sont et seront frappés, mais n’est ce pas plutôt sur nous que nous nous apitoyons ?
Ne sommes nous pas en train de projeter des maux qui pour l’instant nous épargnent ?
Que dirait Epictète ? Bien que nous ne soyons pas parlés récemment je doute peu de son opinion :
« si tu prévois une traversée, choisis le meilleur bateau, le meilleur équipage, l’itinéraire le plus sûr et la meilleure météo car ceci est en ton pouvoir. Mais si la tempête te frappe et menace le bateau et ta vie , ne perds pas un instant à te lamenter et lutte, sans considération d’espoir » .
Donc dans le cas présent, ne prenons pas le risque de contaminer ou d’être contaminés en poursuivant des motifs futiles, car ceci est sous notre contrôle, mais si nous le sommes luttons au jour le jour et de toutes nos forces.
Nous ne pouvons rien aux circonstances mais nous sommes responsables de notre façon d’y réagir.
Nous ne pouvons rien contre l’épidémie, mais nous pouvons rester sensés et ne pas annuler une séance de chimio pour se prémunir d’une improbable contamination (j’en ai été témoin à plusieurs reprises vendredi). Il nous appartient de rester dignes en ne pillant pas les magasins comme des chiens affamés prêts à se disputer la nourriture.
Pour rester positif et concret, je rentre de la garrigue derrière chez moi. Le vent marin charrie des nuages qui multiplient les nuances de vert, les orchidées sauvages sont plus belles que jamais et comme chaque année, je guette la floraison du ciste cotonneux. Le premier m’attendait ce matin. Les romarins en fleurs embaument. Tout ceci ravissait déjà Epictète et fera le bonheur des hommes bien après moi.
Rien ni personne, à part moi ne peut me priver de cette jouissance, et s’il n’y a pas de demain, j’aurai quand même vécu un moment parfait.
Si je laisse la peur m’affecter, je gâche aujourd’hui sans rien faire pour m’offrir un demain.
Je n’ai aucune leçon à donner, mais seulement l’envie de partager, entre mortels, cette hygiène de l'esprit qui me permet de vivre l’instant.
Vincent
génial ce message ! merci à VIncent que je ne crois pas avoir rencontré dans les ateliers d'écriture... Lise
SupprimerUne très belle leçon de vie, nous avons un philosophe dans le groupe ;+). L'humour est aussi une très jolie façon de garder tout ceci à distance et de nous replacer face à l'essentiel. J'aime beaucoup le mot de "dignité" qui effectivement n'était plus tellement à l'ordre du jour. Et quelle poésie dans la description de ta garrigue... L'essentiel en une économie de mots, merci !
SupprimerTrès inspirant et inspiré. Merci beaucoup pour ce partage, fort sage 😊
SupprimerMerci Vincent pour ce beau message. Et profite bien de la garrigue, du romarin en fleur (c'est le bon moment pour en faire des tisanes, excellentes pour le foie) du ciste et des orchidées.
SupprimerBonjour vincent j'aime beaucoup la fin qui est porteuse d'espoir mais qui nous met face à nos responsabilités individuelles qui finalement deviennent collective.
SupprimerJe partage ces mots de G.Orwell dans "Voyage au coeur de la mémoire" :
Qui commande le présent commande le passé
Qui commande le passé commande l'avenir
La mémoire c'est la liberté"
Sympa la citation, merci Isa !
SupprimerMerci de vos messages encourageants et inspirants. Je n'ai pas trouvé comment vous répondre individuellement mais le coeur y est.
SupprimerTu ne peux hélas pas répondre individuellement dans ce mode (grrr la technique) mais je suis sûre que le message est bien passé. Et je crois que tout le monde attend donc une suite ;+)
SupprimerOù irons-nous ? Claire Bonnet-Masimbert
RépondreSupprimerLégèreté des silhouettes humaines en apesanteur
Rondeur des corps dénudés qui se frôlent sans se toucher
Parfaite composition de l'ensemble dans lequel chaque élément s'inscrit dans un même élan partagé
Fluidité des mouvements qui s'enchaînent, se complètent, tourbillonnent sans heurts
Formes dessinées d'un simple trait qui se complètent, se répondent, façonnent l'ensemble, occupent l'espace du puzzle en obliques symétriques
Couleur bleu-gris des formes ondoyantes sur fond bleu outre-mer suggérant l'évanescence de la scène
Naïades évoluant dans les eaux d'une mer chaude ?
Ames évaporées de corps fatigués s'égaillant dans les limbes ?
Dans ce tableau, Claire Bonnet nous invite à voguer dans un univers onirique où tout est grâce, douceur, harmonie, équilibre.
Camomille
D'accord avec toi Camomille pour le côté éthéré et évanescent de cette peinture. De la fluidité, du mouvement et un certain mystère : si ces âmes sont fatiguées, elles le cachent bien. Ou alors est-ce une métaphore ? J'attends avec impatience la réaction de l'artiste qui est parmi nous sur le blog !
SupprimerOù irons-nous ?
RépondreSupprimerOù irons-nous, à l’heure où le vent souffle et nous éparpille dans tous les sens ?
Je tends les bras vers toi, je voudrais te toucher, te saisir, t’embrasser. Mais le vent souffle et t’éloigne de moi. Je reste seule, éperdue et vide.
Mais le vent souffle et me pousse vers l’autre, celui que je n’avais pas vu, qui danse dans l’air libre et parfumé du printemps.
Je vais vers toi, l’autre qui danse et m’accueille dans le souffle du vent.
Béatrice
Un joli fragment, et c'est vrai que le titre interpelle. C'est d'ailleurs bien pour ça que je l'avais laissé ! J'aime cette légèreté sensuelle qu'on retrouve aussi dans ton écriture ; est-ce la danse des amants ? En tout cas ça y ressemble...
SupprimerBonjour Béatrice
SupprimerJ'espère que le vent va nous pousser très vite. J'aime beaucoup la référence au toucher un sens essentiel à la vie.
bonjour à tous,
RépondreSupprimerje croyais au départ que si une de mes toiles venait à être mise sous vos yeux et vos plumes je n'aurai sans doute pas grand chose à compléter.
C'est vrai. c'est si vrai.
C'est bien là la puissance de cette recherche menée par Sonia au travers de ces ateliers d'écriture face aux artistes. Car tout est question de langage.
Ici, quelle est ma langue? Elle est parfois écrite, mais lorsque j'abandonne et l'encre et les pinceaux sur la toile, je n'ai pas d'idée en tête si ce n'est tenter, de laisser parler l'improvisation et les aléas. Cette toile que vous voyez je l'ai achevée il y a un mois et demi et une fois sèche, j'ai inscrit sur le dos du châssis : "Où irons-nous ?"
j'avoue avoir été interpellée également par ce titre et encore bien plus aujourd'hui. D'autant que cette toile est, pour qui me connaît bien..., d'une particulière douceur...
Chacun de vos textes me questionne, certains termes prennent corps et je comprends enfin que ce dialogue entre nous répond et entretient le mystère. inspirante expérience.
Aussi, ne voulant pas abîmer vos mots, vos vers, et ne pouvant expliquer l'encre et les couleurs, je vous laisse à mon tour une petite parenthèse, sur le temps, un peu en suspens comme les personnages de Où irons-nous ?
Attendre
Elle se questionne sur le champ
De ses possibles
Avenir ou venir, aucun ne s’inscrit
Dans une temporalité maîtrisée
Les minutes s’écoulent autrement
Quand survient le temps de l’attente.
à bientôt !
Claire
Un très grand merci Claire, avoir l'artiste en direct c'est vraiment une chance ! Je te savais une jolie plume, et j'espère que tu continueras à contribuer et enrichir les textes qui seront produits sur d'autres modes d'expression. Nous n'en sommes qu'au début des textes envoyés et nul doute que tu trouveras d'autres voix, d'autres échos à ton travail. Le mystère reste donc entier, et c'est très bien comme ça !
SupprimerDes limites abyssales de l'océan, étrangement bleu cependant, émerge en apnée un trio de silhouettes intensément reliées.
RépondreSupprimerRemontée des eaux si profondes, si secrètes, si calmes, dans une bouleversante intimité.
Femme, Homme, Femme-Homme, Homme-Femme?
On s' invite, se désire, s' approprie..
Une bulle de vie se profile...
Un corps plus ancré s' ouvre à l'invasion de l'autre comme une nécessité vitale.
Danse des tendances
Fluidité de la cadence
C' est un si doux mouvement
Que ces physiques déploiements
Il fallait être deux pour ne faire qu' un
Il en faudra peut être, trois, bientôt, demain....
C'est drôle comme la fluidité vous a fait penser à l'élément liquide (peut-être la matrice ?) dans la toile de Claire qui est pour moi une belle ode à la féminité. Mais à lire ton texte, je suis retournée voir l'image et je me suis interrogée sur le sexe des anges ;+) Pas très longtemps je te rassure mais je suis d'accord avec toi, ce qui fait la force de ce tableau c'est précisément son ambiguïté. Et très sympa cette subtile allusion "genrée" !
SupprimerTexte de Kheiralima
RépondreSupprimerSilhouettes en tournoiement
une danse outre bleu
une nuit bleu fleurie de rouge criait
un appel au secours
une colère enfouie très loin dans le corps
Expiation
Le désarroi le plus profond
la cérémonie bat son plein
rien n’appartient plus à rien
Effrénée la danse
nous irons vers un avenir moins délétère
Ce cri de la terre éreintée
la terre mère épuisée
Un trio en offrande
Un rite pour un monde majeur
un mouvement affirmé un défi
une chrysalide
trois corps un opus à la nature désabusée
et se chant en sourdine émanant du bleu, l’élan de la rythmique
Je vous ai tendu la main mais vous m’avez perdu
C'est la sainte trinité de l'univers ;+) J'aime cette idée que ce rituel en fait purificateur va faire du bien à notre civilisation. "Outre bleu" est une belle trouvaille et avec le rouge ce sont les couleurs primaires, donc l'essentiel. Bien vu pour la chrysalide : un monde en devenir ?
SupprimerUn espoir en tout cas
RépondreSupprimerSe promener le nez au vent
RépondreSupprimerAller où tes pas te portent
Sans but, juste vers devant
Sortir et passer ta porte
Cette richesse, bientôt retrouvée
Un envol, une transe
Danser, sauter, s’ouvrir et regarder
Prendre conscience.
Légèreté, danse, insouciance. Tout est dit, et c'est vrai que ces silhouettes en apparence virevoltantes sont plus profondes qu'il n'y parait. ça marche bien le manque de ponctuation, ça illustre bien l'impression de liberté de l'oeuvre.
SupprimerTexte de Gaëlle de Decker
RépondreSupprimerFace à l'incertitude
Et aux peurs
Corps déployés
Elans de vie
Ce n'est pas un haîku car la structure est différente mais ça y ressemble. La quintessence du tableau de Claire, et tous ces sentiments contradictoires que beaucoup y ont vu : la résilience malgré les doutes... Sublime !
SupprimerTexte d'Isa
RépondreSupprimerIrons nous dans les profondeurs de l’âme Humaine?
Celle qui nous a conduit vers ce Jour J, celui où nous sommes enfermés,
Celle qui a voulu nous lobotomiser avec sa loi du marché,
Celle qui a sacrifié la santé sur l’autel de la rentabilité,
Celle qui a grignoté notre temps de cerveau disponible à coups de publicités,
Celle qui nous a poussé dans les supermarchés pour toujours plus consommer,
Celle qui nous a habitué à ce regard détourné pour passer à côté sans humanité,
Celle qui a espéré nous faire accepter sans pouvoir contester,
Celle qui a condamné notre jeunesse à ne plus pouvoir rêver,
Celle qui a pillé notre planète pour la déesse productivité,
Celle qui nous a demandé de traverser pour trouver ce qu’on ne pourra nous donner,
Celle qui a délocalisé pour mieux exploiter les derniers de cordées,
Celle qui a essayé d’étouffer notre colère ces derniers mois d’hiver,
Celle qui a pensé que le JE allait terrasser le NOUS,
Celle qui a cru que nous allions oublier sans leur demander de se justifier,
Celle qui a aujourd’hui la responsabilité de cette France qui pourrait mourir asphyxiée.
Mais non, je vous croire que nous saurons résister à ces sirène démoniaques qui rêveraient de nous emprisonner.
Nous retournerons dans les bois, nous retrouverons des bras pour nous étreindre ou nous consoler,
Nous retournerons admirer l’océan à pas de géants pour s’y laisser envelopper et refuser de couler,
Nous retournerons déjeuner sur l’herbe pour écouter le rire des enfants qui se font chatouiller par des insectes apeurés,
Nous retournerons aux terrasses des cafés pour affirmer notre liberté,
Nous retournerons nous allonger sur le sable chaud pour laisser le soleil caresser nos corps dorés,
Nous retournerons au ciné pour encore rougir de baisers volés,
Nous retournerons au milieu des champs de blés pour s’aimer à l’abris des regard courroucés,
Nous retournerons nous enivrer à l’ombre d’un olivier,
Nous retournerons sur les quais de gare le coeur prêt à exploser dans l’attente de l’être aimé,
Nous retournerons célébrer l’amitié autour de grandes tablées,
Nous retournerons respirer à l’été l’odeur sucrée des figuiers,
Nous retournerons admirer le soleil se coucher dans un camaïeu doré,
Nous retournerons embrasser nos ainés sans masque ni frilosité,
Nous retournerons visiter ces lointaines contrées pour des souvenirs partagés,
Nous retournerons nous émouvoir au son d’un violon sous la lumière tamisée de lune amusée.
Nous serons ce peuple qui fera de la Solidarité, de la Dignité et de la Liberté sa devise pour l’éternité.
Permettez moi de rêver!
Permission largement autorisée 😊 !!!!
SupprimerUn texte fort et engagé, quelle puissance et quelle force de conviction ! Beau contraste avec le passé (qui est en fait hélas notre présent) et le futur qui est porteur d'espoir. Oui on a oublié le bonheur des choses simples et du sens, voire des sens. On a envie de (re)voir la nature, de (res)sentir ces émotions et impressions. On a envie de (re) vivre...
SupprimerLa répétition fonctionne bien, on a envie d'être "digne". Et oui tout t'est permis !
Vous fleurissez en moi
RépondreSupprimerVous fleurissez chez moi
Des mots déposés,
Des mots partagés
Ces signes délicats
Ces attentions subtiles
Une danse d'écriture
Une danse de vie
Pour s'envoler
Pour respirer
Au delà des masques
Au delà des certitudes
Sonia
Merci pour cette ode tellement vibrante à "l'amicriture" ..
SupprimerMoi aussi je me délecte des textes si différents, si bien tournés, si bienvenus...
Un texte de Virginie Catoire
RépondreSupprimerDes corps voluptueux
Sur fond bleu
Qui dansent et l'un s'envole
On dirait vers les cieux
Deux nymphes gracieuses
Accompagnent d'un même élan
Celle qui, docilement
Décolle vers le firmament.
Quelle poésie ! Le firmament et les cieux, qui font écho à l'envolée et à la légèreté. Et la notion de "grâce" n'avait pas encore été évoquée, c'est vrai que c'est pourtant ce qui s'impose aussi dans ce tableau. Et puis le mystère : un peu métaphysique non ? Qui est celle qui s'envole et pourquoi docilement ? "On dirait" mais on n'est pas sûr, une jolie farandole en tout cas...
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